| Le Jeu de Rôle c'est quoi ? |
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| Écrit par Le Passeur |
| Vendredi, 13 Février 2009 20:29 |
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Le JDR c’est quoi ?
C’est bien beau de marquer JDR partout, mais c’est quoi exactement un JDR ? JDR, c’est l’acronyme de Jeu de Rôle, un terme suffisamment générique pour provoquer d’interminables débats entre les amateurs sur le sens exact de ce mot. Ce petit article se propose d’essayer de se rapprocher au mieux du sens admis par tout a peu près tout le monde et surtout d’aider ceux qui n’y connaissent strictement rien a leur présenter notre passe temps favori.
Depuis ses premières apparitions, jamais un jeu ne souleva autant de polémique que le JDR. Mouton noir des esprits aussi rigides que la crosse d’un évêque et de ceux qui ont élevé la discipline du « Beaucoup de bruit pour rien » au niveau de sport de compétition, jamais une activité ne stimula autant les imaginaires, du bon comme du mauvais cote : Secte, activité honteuse, frein aux relations sociales, loisir favorisant la schizophrénie, on ne compte plus le nombre d’idées saugrenues qui ont circulé à propos de ce type de jeu,qui est reste et reste encore, malheureusement encore baigné d’une aura sulfureuse et pour le moins inquiétante.
Aujourd’hui, l’équipe du Portail JDR va vous révéler un scoop et dévoiler les secrets infernaux qui drapent cette activité satanique (sic) et dangereuse en une seule phrase : le jeu de rôle est....un jeu, ni plus, ni moins.... Ne prenez pas cet air déçu, c’est la triste réalité. Pas de pouvoirs hypnotiques, pas de sociétés secrètes manipulant le subconscient des enfants, ni la moindre parcelle de religion sectaire, à moins que vous ne considériez les échecs et la bataille navale comme les armes évidentes d’un groupuscule intégriste destine au lavage de cerveau. Si tel est le cas, vous souffrez probablement de paranoïa et devriez réduire singulièrement votre consommation quotidienne de café....
Pour vous en convaincre, nous vous proposons une petite description, loin d’être exhaustive, d’un jeu de rôle, du moins comme nous le concevons, nous, modestes amateurs de ce loisir. Je tiens par avance a dire que ces propos ne concerne que nous et que je n’ai aucunement l’envie de me lancer dans un débat aussi interminable que stérile avec les Ayatollah du JDR, qui selon leur point de vue, sont les seuls a détenir la Vérité sur la définition d’un jeu. Ces gens ont pour la plupart oublié que l’essentiel c’est de rêver en s’amusant. Si ce petit texte parvient a faire en sorte de faire sauter quelques préjuges a la peau tenace, alors notre but sera atteint (But qui n’est autre que la domination des esprits, ne l’oublions pas.)
L’Origine
Il est admis que le Jeu de Rôle prend sa source dans les contes et les histoires que l’on se racontait autrefois au coin du feu, lorsque les soirées d’hivers se faisaient aussi longues que froides et que le monde, qui n’était pas encore disséqué sur la table d’opération implacable du savoir, regorgeait encore de mystères qui stimulaient les imaginations. On y parlait alors de choses extraordinaires en y transposant les rêves et les espoirs de chacun, et des petits faits divers qui servirent de base, se façonnèrent des récits aux multiples visages, tous aussi fascinant les uns que les autres et les conteurs les plus doués pouvaient transposer leurs auditeurs dans de fantastiques odyssées. C’est de ces racines profondes et par extension, de pratiquement tous les domaines de la fiction, que découlent les Jeux de Rôle.
Comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, vous avez certainement goûté de près ou de loin aux ingrédients qui constituent ce loisir si diabolisé : ne me dites pas que vous n’avez jamais rêvé d’être une douce princesse, une fée généreuse, un chevalier intrépide ou un redoutable cow-boy, que vous n’avez jamais transformé vos jouets de l’époque en acteur d’une épopée à rendre Homère jaloux ? Si ? J’ai le malheur de vous apprendre que c’est de cette manière qu’on débuté les jeux de rôle. Pire : vous avez peut être même vibré devant un film ou une pièce en vous identifiant au héros principal (pourquoi cet idiot ramasse ce couteau ensanglanté juste avant que la police n’arrive ? Pourquoi ce méchant expose tout son plan au lieu de tuer le gentil ? et autant d’aberration que vous, évidement, vous n’auriez pas commises) ou plus grave, endossé vous-même un rôle sur scène et changé de personnalité le temps d’un spectacle avant de reprendre tranquillement votre vie quotidienne ? Malheureux ! Vous avez déjà goûté sans le savoir aux principes du Jeu de Rôle. Respirez, prévenez vos proches, détendez vous : on s’y fait très bien…
Le Principe
Tout ça, c’est très bien me direz vous, mais ça ne nous explique pas ce que c’est qu’un JDR Alors voyons un peu en quoi tout cela consiste. Le principe du jeu est simple : les joueurs doivent ensemble faire évoluer une histoire jusqu’à son dénouement. Pour se faire l’un d’entre eux fera office d’animateur (généralement appelé Maître ou Meneur de Jeu) tandis que les autres interpréterons les protagonistes principaux du récit, on les appellera alors Personnage Joueur ou plus familièrement PJ.
Les PJ devront concevoir ou choisir eux même un personnage de fiction qu’ils vont devoir incarner tout au long de la partie : ils lui inventeront un nom, un caractère, parfois même une histoire, définiront ses qualités et ses défauts, qu’ils noteront généralement sur un pense-bête, une simple feuille de papier. Ce passeport est nommée la feuille de personnage, que l’on pose devant soi durant le jeu, afin d’avoir le plus rapidement possible toutes les informations concernant le personnage à incarner. C’est aux joueurs, ensuite, de tenter d’intégrer cet être de fiction dans l’histoire qu’ils vont tenter de constituer sous les directives du Meneur de Jeu.
Le rôle de Maître de jeu, lui, est sans doute le plus complexe mais aussi le plus intéressant : c’est à lui qu’échoit la responsabilité de la mise au point de la trame de l’histoire, ou scénario, qui servira de base de jeu. Il devra en outre inventer et interpréter tous les autres personnages que peuvent comporter son récit, avec lesquels les joueurs pourront interagir. Ces personnages, parfois aussi détaillé que ceux incarnés par les joueurs sont appelés Personnages Non Joueurs ou PNJ. Ce sont en quelques sortes les faire-valoir des personnages joueurs, chargés de leur donner la réplique comme les figurants et les seconds rôles d’un film. La dernière charge du meneur est de placer les embûches, les rebondissements et le décor de l’aventure que vont vivre ses amis : c’est en quelque sorte le « metteur en scène » du jeu de rôle. Le rôle du maître de jeu est crucial : tandis que les joueurs se contenteront de jouer un seul rôle (généralement en mangeant des chips et en vidant le frigo pendant les intermèdes de la partie et même pendant la partie d’ailleurs), le MJ lui, devra changer de casquette à chaque décision et faire évoluer la trame de son scénario en fonction des réactions de ses joueurs. Il sera à la fois le tavernier qui donnera des indices, le roi despotique qui tentera d’éliminer les héros ou le garde de la ville qui tentera de les appréhender après le grabuge qu’ils sèment sur la place publique. Son esprit, vif et souple devra s’adapter immédiatement aux réactions des joueurs et continuer à faire vivre l’aventure de manière cohérente même si elle prend une tournure qu’il n’a pas prévu. Comment va-t-il s’y prendre ? Et bien tout simplement de la manière suivante
Le déroulement d’une partie
La manière de jouer est sensiblement la même pour tous les jeux de rôle : le meneur décrit la situation dans laquelle évoluent les personnages à la manière d’un conteur. Il présente les décors et l’ambiance générale de la scène puis fait entrer en scène les personnages en laissant la parole aux joueurs. Ceux-ci décident alors oralement des actions qu’ils désirent voir effectuer par leur avatar, en interprétant leur personnages, à la manière d’un théâtre d’improvisation, c'est-à-dire en réagissant selon la personnalité de leur personnage, sans toutefois mimer les gestes (En général les joueurs se contentent de dire « Mon personnage fait ceci » ou encore « mon personnage dit cela », mais certains, emportés par l’exaltation, agitent des règles ou des crayons en mimant une botte, et renversent généralement la bouteille de soda par la même occasion)
L’interprétation du personnage est la clé principale du jeu de rôle, mieux elle est réalisée, plus l’histoire prend de l’intérêt, de même que plus un héros de roman à du caractère, plus le lecteur s’attache à ses aventures. Le meneur, en fonction des actions et des interventions annoncées par ses joueurs, doit ensuite décider de l’évolution de l’histoire, ainsi, le scénario peut prendre une infinité de tournure, selon les décisions communes de tous les joueurs. Le rôle du maître de jeu est alors prépondérant, car c’est à lui de juger et de trancher la tournure définitive que prendra le récit et de constituer la suite de l’histoire à partir des décisions de ses joueurs. Afin de limiter les conflits d’interprétation et l’évolution trop arbitraire de l’histoire (ou les discussions fastidieuses du style « Oui mais là je ne suis pas d’accord, mon bonhomme aurait du réussir ce truc »), ou tout simplement pour ajouter un peu de piment à l’ensemble, la plupart des jeux font intervenir le hasard, qui a le mérite de mettre tout le monde d’accord (du moins assez souvent, car c’est loin d’être toujours le cas). La plupart des jeux de rôle obéissent à des règles qui permettent de « cadrer » le récit et d’éviter les débordements et les évolutions incontrôlables d’une histoire (éventuellement d’éviter aussi d’être étranglé par un joueur susceptible), elles permettent aussi de délimiter plus facilement les forces et les faiblesses d’un personnage. Le hasard permet par exemple de savoir si une action échoue ou réussit selon les critères établis par les règles initialement fixées.
Prenons par exemple un joueur A, dont le personnage, un robuste guerrier, poursuit un homme sur les toits d’une ville. Soudain, le fuyard saute par-dessus un trou et rejoint le bâtiment d’en face. Le maître du jeu décrit au joueur la scène puis lui annonce que s’il veut rattraper l’homme, il lui faudra sauter. Le joueur peut alors décider de tenter sa chance ou trouver une autre solution moins risquée, à moins qu’il ne préfère tout simplement laisser tomber la poursuite. S’il décide toutefois de sauter, le hasard (souvent un jet de dé) indiquera si oui ou non il y parvient, c’est ensuite au maître du jeu d’interpréter le résultat, qu’il soit bon ou mauvais. Un des aspect les plus caractéristiques des jeux de rôle est d’ailleurs les dés à multiples facettes (4, 6, 8, 10,12 et même 20 faces !) couramment utilisés pour représenter le hasard, même s’ils ne sont pas utilisés dans la totalité des jeux, bien au contraire : certains prennent des cartes, des jetons voire n’utilisent pas du tout le hasard pour déterminer la suite de l’histoire.
Mais l’aspect le plus original du jeu de rôle est ailleurs. Ce qui tranche radicalement d’avec les autres jeux traditionnels est que pour une fois, il n’existe ni gagnant ni perdant. En effet, le seul but des joueurs est la constitution d’un récit cohérent et par-dessus tout plaisant, à contrario des autres loisirs, ils ne jouent pas l’un contre l’autre, mais bien l’un avec l’autre. (La possibilité du meneur de jeu de mettre un terme à l’existence d’un personnage par une simple décision annihile d’ailleurs tout intérêt aux abus, de la part des personnages joueurs qui peuvent être éliminés sur une simple décision et de la part du maître de jeu omnipotent qui ne gagne strictement rien à exclure ses joueurs en détruisant leurs personnages.) Un autre point intéressant et qui mérite d’être développé, tient dans la continuité du jeu : en effet, à mesure que le JDR évolue, les personnages se définissent de mieux en mieux et affirment leurs caractères. Leur personnalité fait alors surface et leurs expériences s’accroît tandis que les possibilités de création de nouveaux récits se multiplient, à l’instar de ces héros de série auxquels nous nous attachons et que nous aimons à revoir dans de nouvelles aventures : l’intérêt au jeu est sans cesse renouvelé et si un joueur s’attache à son personnage, il peut décider de continuer avec lui autant de fois qu’il le souhaite. Rien d’étonnant à ce que de nombreux joueurs puissent passer des années entières à jouer avec le même personnage qui s’étoffe avec le temps et se gonfle d’une personnalité digne des meilleurs personnages de fiction.
Voilà en résumé ce qu'est un jdr : un simple jeu d'imagination, réunissant des joueurs dont le seul désir et de vivre et concevoir ensemble un récit de fiction le plus plaisant possible et avant de tout de passer un bon moment à rêver, une capacité qui de nos jours, à malheureusement tendance à disparaître. (Accesoirement c'est une excuse pour manger un tas de cochonnerie entre amis, de raconter des idioties et surtout de partager un petit bout de nuage dans un monde un peu trop gris.)
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| Mise à jour le Mardi, 31 Mars 2009 05:42 |











